Abstract for 10. Monstruosité et exécrabilité de la figure du roi: Polyeucte et Suréna (Pierre Corneille), une rupture idéologique et dramaturgique

Concepts très rares dans le théâtre cornélien, l’exécrabilité et la monstruosité peuvent être les traits définitoires de la figure du roi dans l’œuvre dramatique de Pierre Corneille. Adulé, à la limite idolâtré, le roi cornélien incarne l’autorité suprême et se veut le guide infaillible et éclairé de la cité. Pourtant, Félix et Hérode, respectivement dans Polyeucte et Suréna, brillent par leur mal ontologique en obstruant la bonne marche de l’Etat, mettant en péril les intérêts de la cité. Leur égoïsme et narcissisme régressifs font d’eux des êtres auréolés de vices, aux antipodes de la chaine des valeurs cornéliennes. Cette posture épistémologique du roi dans le théâtre cornélien est révélatrice des intentions hautement idéologiques et dramaturgiques de Pierre Corneille qui veut s’affranchir des rigides et contraignantes règles qui régissent le théâtre classique et étouffent le génie créateur des dramaturges.